Je ne sais pas comment on va s'en sortir!
En ce moment, on nous annonce tous les jours une catastrophe pour la recherche, hier c'était la nomination de Claude Allègre au poste de ministre de la recherche,annoncée pour après les municipales, alors qu'il est méprisé par une bonne partie de la communauté scientifique, aujourd'hui c'est ça...
Si les chercheurs et les citoyens ne se bougent pas, Sarkozy et ses potes vont assécher complètement les laboratoires universitaires indépendants pour ne financer que ceux qui travailleront pour les entreprises ou les recherches directement pilotées par des ministres (dont des énarques, qui sont tout sauf compétents). C'est très grave. Avec ce fonctionnement-là, on ne peut plus parler de démarche scientifique, qui implique à la base l'évaluation d'un travail par les pairs. C'est le meilleur moyen pour se doter d'un outil efficace au service des profits, qui sera vu par le citoyen comme scientifique mais qui ne le sera plus (et ne l'est déjà plus pour une grande partie).
Sarkozy et ses potes s'imaginent benoîtement que si l'innovation industrielle va mal c'est parce-que les chercheurs français du public (!) ne sont pas assez poussés au cul. Ils croient encore que c'est en améliorant les lampes qu'on a trouvé le transistor, c'est dire s'ils sont malins. La recherche ne doit pas se résumer à être un outil pour faire plus de profits, elle a d'autres devoirs essentiels il me semble, depuis la création du savoir jusqu'à la découverte de procédés/phénomènes inédits, qui ne peut se faire si on se contente d'améliorer les procédés existants.
Chaque années, des millions/milliards d'euros sont donnés aux entreprises pour faire de la recherche : de 440 millions € en 2004, le montant du Crédit Impôts Recherche est passé à 1.4 milliard en 2006 (soit plusieurs fois ce que le CNRS affecte au fonctionnement de ses laboratoires), et pourrait dépasser les 3 milliards en 2012. De cet argent on ne parle jamais, personne ne s'interroge de savoir s'il est utilisé pour faire de la recherche ou pour mettre au point un produit (donc pour faire du développement). Pourtant dans la réalité, c'est essentiellement au développement des produits que cet argent est affecté, c'est-à-dire à l'amélioration de la lampe. Les entreprises françaises n'embauchent pas (ou si peu) les docteurs alors qu'ils sont formés à la recherche, comment s'étonner alors que l'innovation soit en panne? Cet article d'Alain Trautmann illustre par l'exemple de Thalès le fait que dans les sections recherche/développement, le but est de faire en sorte que toute l'activité soit considérée comme de la recherche afin de toucher cet argent, alors que dans les faits, les personnels ne sont pas des chercheurs, et les activités relèvent plutôt du développement.
Avec la décision récente de faciliter l'accès au Crédit Impôts Recherche aux grandes entreprises, on touche vraiment le fond. Ce sont les PME qui ont besoin de ce soutien, ce sont elles qui se construisent sur des idées véritablement innovantes, mais Sarkozy fait encore une fois le contraire de ce qu'il faudrait faire pour favoriser l'innovation.
Et puis moi, à titre perso, j'en ai marre de me faire insulter par cet abruti, qui est venu cracher sur le travail des chercheurs du CNRS le jour de la cérémonie organisée dans mon université pour Albert Fert (le dernier prix Nobel de physique). Albert Fert a travaillé en recherche fondamentale, sans objectif économique, jusqu'à faire cette découverte qui a permis le développement des disques durs. Si la France n'a pas bénéficié économiquement de cette découverte, contrairement aux allemands, ce n'est pas à cause d'un dysfonctionnement des chercheurs mais parce-que les procédures pour l'établissement des brevets ont été plus longues en France qu'en Allemagne. Il y a peut-être un petit problème du côté de la valorisation, non? En tous cas, Sarkozy, comme un gros porc, est venu à cette cérémonie pour annoncer le démantèlement du CNRS, l'organisme de recherche qui a permis à Albert Fert de mener ses recherches. Autant le gifler publiquement, autant nous gifler publiquement. On aura compris que Sarkozy ne brille pas par son savoir-vivre ni par son discernement, heureusement qu'il porte une Rolex et Carla Bruni.
Si les chercheurs et les citoyens ne se bougent pas, Sarkozy et ses potes vont assécher complètement les laboratoires universitaires indépendants pour ne financer que ceux qui travailleront pour les entreprises ou les recherches directement pilotées par des ministres (dont des énarques, qui sont tout sauf compétents). C'est très grave. Avec ce fonctionnement-là, on ne peut plus parler de démarche scientifique, qui implique à la base l'évaluation d'un travail par les pairs. C'est le meilleur moyen pour se doter d'un outil efficace au service des profits, qui sera vu par le citoyen comme scientifique mais qui ne le sera plus (et ne l'est déjà plus pour une grande partie).
Sarkozy et ses potes s'imaginent benoîtement que si l'innovation industrielle va mal c'est parce-que les chercheurs français du public (!) ne sont pas assez poussés au cul. Ils croient encore que c'est en améliorant les lampes qu'on a trouvé le transistor, c'est dire s'ils sont malins. La recherche ne doit pas se résumer à être un outil pour faire plus de profits, elle a d'autres devoirs essentiels il me semble, depuis la création du savoir jusqu'à la découverte de procédés/phénomènes inédits, qui ne peut se faire si on se contente d'améliorer les procédés existants.
Chaque années, des millions/milliards d'euros sont donnés aux entreprises pour faire de la recherche : de 440 millions € en 2004, le montant du Crédit Impôts Recherche est passé à 1.4 milliard en 2006 (soit plusieurs fois ce que le CNRS affecte au fonctionnement de ses laboratoires), et pourrait dépasser les 3 milliards en 2012. De cet argent on ne parle jamais, personne ne s'interroge de savoir s'il est utilisé pour faire de la recherche ou pour mettre au point un produit (donc pour faire du développement). Pourtant dans la réalité, c'est essentiellement au développement des produits que cet argent est affecté, c'est-à-dire à l'amélioration de la lampe. Les entreprises françaises n'embauchent pas (ou si peu) les docteurs alors qu'ils sont formés à la recherche, comment s'étonner alors que l'innovation soit en panne? Cet article d'Alain Trautmann illustre par l'exemple de Thalès le fait que dans les sections recherche/développement, le but est de faire en sorte que toute l'activité soit considérée comme de la recherche afin de toucher cet argent, alors que dans les faits, les personnels ne sont pas des chercheurs, et les activités relèvent plutôt du développement.
Avec la décision récente de faciliter l'accès au Crédit Impôts Recherche aux grandes entreprises, on touche vraiment le fond. Ce sont les PME qui ont besoin de ce soutien, ce sont elles qui se construisent sur des idées véritablement innovantes, mais Sarkozy fait encore une fois le contraire de ce qu'il faudrait faire pour favoriser l'innovation.
Et puis moi, à titre perso, j'en ai marre de me faire insulter par cet abruti, qui est venu cracher sur le travail des chercheurs du CNRS le jour de la cérémonie organisée dans mon université pour Albert Fert (le dernier prix Nobel de physique). Albert Fert a travaillé en recherche fondamentale, sans objectif économique, jusqu'à faire cette découverte qui a permis le développement des disques durs. Si la France n'a pas bénéficié économiquement de cette découverte, contrairement aux allemands, ce n'est pas à cause d'un dysfonctionnement des chercheurs mais parce-que les procédures pour l'établissement des brevets ont été plus longues en France qu'en Allemagne. Il y a peut-être un petit problème du côté de la valorisation, non? En tous cas, Sarkozy, comme un gros porc, est venu à cette cérémonie pour annoncer le démantèlement du CNRS, l'organisme de recherche qui a permis à Albert Fert de mener ses recherches. Autant le gifler publiquement, autant nous gifler publiquement. On aura compris que Sarkozy ne brille pas par son savoir-vivre ni par son discernement, heureusement qu'il porte une Rolex et Carla Bruni.
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