Sulamite vs Ségolène
Demain vendredi à 10h, figurez-vous que je suis invitée à rencontrer Ségolène Royal et à lui poser une question ayant trait à la recherche, dans le cadre d'une rencontre organisée avec les signataires de l'appel des facs pour soutenir la candidature de Ségolène Royal, dont je suis. Depuis le temps que je hante les blogs et forum politiques, il fallait bien que ça m'arrive, je récolte ce que j'ai semé et je fais moins la maline. Pas habituée à parler en public avec la bouche en cul de poule la Sulamite.
Enfin j'ai quand même pondu une question en forme de témoignage personnel. C'est donc assez long, ma vie pourrie de jeune chercheuse étant mon sujet de prédilection je suis vite intarissable...
Promis, je vous livrerai mes impressions dès que possible et je vous donnerai la réponse de Ségolène Royal.
Voici la question :Enfin j'ai quand même pondu une question en forme de témoignage personnel. C'est donc assez long, ma vie pourrie de jeune chercheuse étant mon sujet de prédilection je suis vite intarissable...
Promis, je vous livrerai mes impressions dès que possible et je vous donnerai la réponse de Ségolène Royal.
"J'ai signé l'appel des facs pour témoigner auprès des citoyens non chercheurs de ma confiance envers les propositions de Ségolène Royal pour améliorer les conditions de la Recherche en France, et notamment du devenir des jeunes docteurs qui me concerne tout particulièrement.
Je suis pour ma part en dernière année de thèse de Chimie Physique, je m'apprête donc à devenir Docteur et à chercher un emploi après plus de trois années de recherche dans un laboratoire de Biophysique à Pessac. Malgré de nombreux aspects positifs, je suis plutôt déçue de mon expérience de thèse et j'ai décidé de ne pas poursuivre dans la recherche académique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, j'ai découvert pendant ma thèse les difficultés quotidiennes rencontrées par les chercheurs pour faire fonctionner leur laboratoire et j'ai vécu le manque d'encadrement et de personnel pour maintenir une recherche efficace. De plus, le chemin vers un poste de Chargé de Recherche est long et risqué ; nombre de jeunes chercheurs se sont exilés dans l'espoir d'obtenir un poste à leur retour sans pouvoir rentrer. Pour finir, j'avoue qu'à 29 ans, je souhaite pouvoir commencer à m'installer dans la vie et à construire un projet professionnel fiable, ce que la précarité des emplois de la recherche publique ne me permet pas avant plusieurs années d'exil en post-doc.
J'ai commencé à chercher un emploi dans le secteur privé, les centres de recherche-développement pharmaceutique par exemple, mais mon profil de docteur ne se vend pas facilement et souffre de la concurrence avec les ingénieur comme vous l'avez justement fait remarquer dans votre discours de Strasbourg sur la Recherche et l'Enseignement Supérieur. Aujourd'hui, comme beaucoup de docteurs après leur soutenance, je pense à me reconvertir dans un secteur dynamique comme le développement durable, où ma culture scientifique pourrait être appréciée et me permettrait de m'adapter rapidement, par une formation en alternance par exemple. Malheureusement, il n'y a pas beaucoup d'intérêt à recruter en alternance un docteur débutant car les dispositifs tels que le contrat de professionnalisation ne sont vraiment intéressants que pour les jeunes de moins de 26 ans, ce qui est l'âge minimum pour un docteur.
Vous avez annoncé des mesures pour promouvoir l'emploi des docteurs dans les entreprises, comme le fait de conditionner le crédit impôts- recherche à l'embauche de docteurs. Pouvez-vous préciser quelles sont vos propositionspour faciliter l'insertion des docteurs dans les secteurs innovants et dynamiques, et particulièrement dans les PME qui pourraient gagner beaucoupà recruter un personnel créatif et aux larges compétences?"
Je suis pour ma part en dernière année de thèse de Chimie Physique, je m'apprête donc à devenir Docteur et à chercher un emploi après plus de trois années de recherche dans un laboratoire de Biophysique à Pessac. Malgré de nombreux aspects positifs, je suis plutôt déçue de mon expérience de thèse et j'ai décidé de ne pas poursuivre dans la recherche académique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, j'ai découvert pendant ma thèse les difficultés quotidiennes rencontrées par les chercheurs pour faire fonctionner leur laboratoire et j'ai vécu le manque d'encadrement et de personnel pour maintenir une recherche efficace. De plus, le chemin vers un poste de Chargé de Recherche est long et risqué ; nombre de jeunes chercheurs se sont exilés dans l'espoir d'obtenir un poste à leur retour sans pouvoir rentrer. Pour finir, j'avoue qu'à 29 ans, je souhaite pouvoir commencer à m'installer dans la vie et à construire un projet professionnel fiable, ce que la précarité des emplois de la recherche publique ne me permet pas avant plusieurs années d'exil en post-doc.
J'ai commencé à chercher un emploi dans le secteur privé, les centres de recherche-développement pharmaceutique par exemple, mais mon profil de docteur ne se vend pas facilement et souffre de la concurrence avec les ingénieur comme vous l'avez justement fait remarquer dans votre discours de Strasbourg sur la Recherche et l'Enseignement Supérieur. Aujourd'hui, comme beaucoup de docteurs après leur soutenance, je pense à me reconvertir dans un secteur dynamique comme le développement durable, où ma culture scientifique pourrait être appréciée et me permettrait de m'adapter rapidement, par une formation en alternance par exemple. Malheureusement, il n'y a pas beaucoup d'intérêt à recruter en alternance un docteur débutant car les dispositifs tels que le contrat de professionnalisation ne sont vraiment intéressants que pour les jeunes de moins de 26 ans, ce qui est l'âge minimum pour un docteur.
Vous avez annoncé des mesures pour promouvoir l'emploi des docteurs dans les entreprises, comme le fait de conditionner le crédit impôts- recherche à l'embauche de docteurs. Pouvez-vous préciser quelles sont vos propositionspour faciliter l'insertion des docteurs dans les secteurs innovants et dynamiques, et particulièrement dans les PME qui pourraient gagner beaucoupà recruter un personnel créatif et aux larges compétences?"
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