Pourquoi je ne regretterai pas mon choix
C'est un peu l'heure du bilan pour moi ce soir. Il est minuit juste et on est enfin parvenu au jour du premier tour. J'attends ce moment depuis cinq ans jour pour jour, depuis la défaite du 21 Avril 2002. C'est un gros bretzel qui m'est resté en travers de la gorge ce jour-là, et je suis heureuse de constater qu'aujourd'hui ma soif de revanche est restée parfaitement intacte. Je suis d'une sérénité totale, convaincue que mon choix est le meilleur pour mon pays, pour la première fois depuis que je suis en âge de voter. Au soir du 21 Avril 2002, rue Cartier à Québec, je me suis fait une promesse, et bien ce soir je peux me réjouir d'avoir tenu mon engagement. J'ai réussi, depuis cinq ans, à soumettre ma réflexion politique à l'épreuve la plus dure qui soit, celle de ma conscience d'appartenir à une société dans laquelle tous les hommes naissent libres et égaux en droit. Cette phrase est fondamentale, le monde entier la connaît. Beaucoup la citent, certains l'arborent en devise. Quels sont ceux qui se battent, chacun son arme, chacun sa manière, pour que l'humanité parvienne à réduire l'espace qui nous sépare de cette société où tous les hommes naissent libres et égaux en droit? C'est tout l'enjeu du choix politique, du vote de demain. C'est l'enjeu de ma réflexion politique depuis cinq ans. Ca a été dur, j'ai dû me défaire de beaucoup d'idées reçues et de grandes méfiances. J'ai tenté d'éradiquer toute réflexion toute faite, issue des rumeurs ou des petites phrases à la mode, ou simplement de l'air du temps qui alimentent les conversations des gens qui n'ont rien à se dire. J'ai essayé de toutes mes forces d'être intransigeante là-dessus: ne pas me laisser manipuler par des discours pratiques et préformatés pour me rentrer confortablement dans le cerveau. Je sais bien que je n'ai pas complètement réussi, mais ce soir, ma sérénité montre que mes efforts n'ont pas été vains, en mon âme et conscience je suis sûre que mon choix est issu d'un parcours sincère, exigeant et déterminé.
C'est donc en toute quiétude que je vais voter pour Ségolène Royal demain, quel que soit le résultat demain soir et dans quinze jours. Malgré mon attachement ou mon admiration pour les luttes de certains, je pense que parmi tous les candidats c'est elle qui réunit le plus de qualités pour remplir sa mission : se battre pour la liberté et l'égalité des hommes et des femmes de France. Tout d'abord, même si ce n'est pas une qualité, elle a un potentiel électoral permettant d'envisager un second tour. C'est le volet "vote utile", mais il est nécessaire à la réalisation d'un projet qu'on veut voir appliquer. Il n'en reste donc plus que trois. Ses propositions sont les plus ambitieuses pour axer les priorités vers le bien-être collectif, la justice, la liberté et l'égalité des droits. Bayrou s'en sort mieux que Sarkozy, il est deuxième indéniablement, mais ses convictions me semblent fragiles et sa fidélité bien faible. Je lui laisse le bénéfice du doute quant à sa "socialisation" parce-que je suis gentille, mais j'ai la mémoire longue et ma confiance ne se gagne pas à la drague, mais sur le long-terme. C'est comme les mecs finalement, j'ai bien compris maintenant que le mariage sur un coup de tête peut vite tourner au désastre. Désolée François, mais pour cette fois ce n'est pas moi qui te marierai à la France, il fallait faire la défendre beaucoup plus tôt, tu n'as pas eu assez de courage jusque-là pour la protéger de ceux qui lui ont fait plus de mal que de bien. Je ne veux pas marier ma France à quelqu'un qui risque d'être infidèle, or tu n'as pas fait tes preuves. A toi de jouer maintenant.
Bien sûr qu'elle n'est pas parfaite Ségolène. Heureusement qu'elle ne l'est pas je dirais, parce-que personne ne l'est, à part les dictateurs et Sarkozy. Quand j'aime un homme, c'est parce-que je trouve que ses défauts sont attirants, mignons et attendrissants. Dans le cas de Ségolène Royal, c'est presque la même chose. J'aime qu'elle soit "raide" et qu'elle fasse un peu bourgeoise, je la trouve quand même très classe. Elle a cette timidité digne des femmes intelligentes qui ont la malchance d'être trop belles et se cachent sous un charme discret. Une autre attitude pourrait les faire paraître déplacées ou vulgaires au pupitre d'une assemblée internationale. J'aime ses discours sur la sécurité et ses phrases excessives sur le drapeau et la Marseillaise, parce-qu'elles choquaient les oreilles sensibles des gauchistes bien-pensants. Elle n'a pas peur de nous, Ségolène Royal, et c'est bien, même quand je ne suis pas d'accord avec elle. Quand elle a bousculé la fourmilière PS qui lui est tombé dessus elle a fait face courageusement. Elle a imposé son idée du débat participatif et s'y est tenue, parce-que c'est une femme de convictions. Elle va avoir du mal à tenir toutes ses promesses, c'est vrai pour tous d'ailleurs. Oui, c'est vrai, mais cette tâche immense est clairement programmée, selon des mécanismes cohérents et raisonnables, et des axes bien délimités. La feuille de route est correcte, plus que correcte. Ses ambitions sont grandes, en effet, elle sont à la hauteur de ce qu'on est en droit d'espérer pour notre avenir. Ségolène Royal indique clairement ses objectifs, j'aime qu'ils soient élevés, même si on n'y arrive pas complètement la volonté est là, et elle n'a pas peur.
Alors, si demain soir mes concitoyens ne l'ont pas choisie je serai déçue et triste pour mon pays, c'est certain. Mais je ne regretterai jamais mon choix, fruit du meilleur de ma pensée de ces cinq dernières années.
C'est donc en toute quiétude que je vais voter pour Ségolène Royal demain, quel que soit le résultat demain soir et dans quinze jours. Malgré mon attachement ou mon admiration pour les luttes de certains, je pense que parmi tous les candidats c'est elle qui réunit le plus de qualités pour remplir sa mission : se battre pour la liberté et l'égalité des hommes et des femmes de France. Tout d'abord, même si ce n'est pas une qualité, elle a un potentiel électoral permettant d'envisager un second tour. C'est le volet "vote utile", mais il est nécessaire à la réalisation d'un projet qu'on veut voir appliquer. Il n'en reste donc plus que trois. Ses propositions sont les plus ambitieuses pour axer les priorités vers le bien-être collectif, la justice, la liberté et l'égalité des droits. Bayrou s'en sort mieux que Sarkozy, il est deuxième indéniablement, mais ses convictions me semblent fragiles et sa fidélité bien faible. Je lui laisse le bénéfice du doute quant à sa "socialisation" parce-que je suis gentille, mais j'ai la mémoire longue et ma confiance ne se gagne pas à la drague, mais sur le long-terme. C'est comme les mecs finalement, j'ai bien compris maintenant que le mariage sur un coup de tête peut vite tourner au désastre. Désolée François, mais pour cette fois ce n'est pas moi qui te marierai à la France, il fallait faire la défendre beaucoup plus tôt, tu n'as pas eu assez de courage jusque-là pour la protéger de ceux qui lui ont fait plus de mal que de bien. Je ne veux pas marier ma France à quelqu'un qui risque d'être infidèle, or tu n'as pas fait tes preuves. A toi de jouer maintenant.
Bien sûr qu'elle n'est pas parfaite Ségolène. Heureusement qu'elle ne l'est pas je dirais, parce-que personne ne l'est, à part les dictateurs et Sarkozy. Quand j'aime un homme, c'est parce-que je trouve que ses défauts sont attirants, mignons et attendrissants. Dans le cas de Ségolène Royal, c'est presque la même chose. J'aime qu'elle soit "raide" et qu'elle fasse un peu bourgeoise, je la trouve quand même très classe. Elle a cette timidité digne des femmes intelligentes qui ont la malchance d'être trop belles et se cachent sous un charme discret. Une autre attitude pourrait les faire paraître déplacées ou vulgaires au pupitre d'une assemblée internationale. J'aime ses discours sur la sécurité et ses phrases excessives sur le drapeau et la Marseillaise, parce-qu'elles choquaient les oreilles sensibles des gauchistes bien-pensants. Elle n'a pas peur de nous, Ségolène Royal, et c'est bien, même quand je ne suis pas d'accord avec elle. Quand elle a bousculé la fourmilière PS qui lui est tombé dessus elle a fait face courageusement. Elle a imposé son idée du débat participatif et s'y est tenue, parce-que c'est une femme de convictions. Elle va avoir du mal à tenir toutes ses promesses, c'est vrai pour tous d'ailleurs. Oui, c'est vrai, mais cette tâche immense est clairement programmée, selon des mécanismes cohérents et raisonnables, et des axes bien délimités. La feuille de route est correcte, plus que correcte. Ses ambitions sont grandes, en effet, elle sont à la hauteur de ce qu'on est en droit d'espérer pour notre avenir. Ségolène Royal indique clairement ses objectifs, j'aime qu'ils soient élevés, même si on n'y arrive pas complètement la volonté est là, et elle n'a pas peur.
Alors, si demain soir mes concitoyens ne l'ont pas choisie je serai déçue et triste pour mon pays, c'est certain. Mais je ne regretterai jamais mon choix, fruit du meilleur de ma pensée de ces cinq dernières années.
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