Lendemain de fête
Dimanche soir à la coloc ...
Quelques jeunes individus un peu défraîchis sont vautrés dans mon salon. Ils fument quelques cigarettes l'oeil un peu vitreux, soupirent sur leurs maux de tête, de ventre, sur leur fatigue de lendemain de fête ... et se racontent les commérages de la soirée d'hier. La coloc fait le bilan. Il y a celui qui a chopé, celui qui devait choper avant minuit, celle qui a chopé plus qu'elle ne le voudrait, celui qui a (encore!) chopé une deséquilibrée, celui qui a failli choper après minuit ...
Et puis il y a aussi l'Homme des Petites Phrases, celui qui chope remarquablement souvent malgré ses remarques légendaires. La dernière-née, à ma connaissance, date tout juste d'hier soir, lorsque notre ami en prenant congé d'une jeune fille très bien lui dit "Tu pars déjà? C'est dommage, tu rates une occasion de perdre ta virginité".
Prenez quelques secondes pour vous extasier sur ces quelques mots sortis on ne sait comment de la bouche de mon colocataire. C'est tout à fait savoureux. On se demande vraiment ce que cette demoiselle avait fait pour mériter une telle phrase! Mais c'est là que réside justement la grandeur de cette sentence, car la jeune fille n'a rien fait pour ça. Son seul crime a sans doute été de vouloir partir avant que l'Homme des Petites Phrases ait pu tenter de la "choper". Frustré de ce départ prématuré, aigri de ne pouvoir tester sur elle sa séduction, furieux de voir une proie lui échapper sans même avoir pu la traquer, le prédateur ressent le besoin de salir l'objet de son désir s'il se dérobe. C'est la version adulte du fameux "je ne peux pas avoir ce jouet, alors je le casse (où je lui crache dessus)". Les gens les plus civilisés parviennent à taire cette pulsion, pour certains jusqu'à ne presque plus la ressentir, mais pas l'Homme des Petites Phrases. Et croyez-le ou non, c'est pour ça qu'on l'apprécie.
C'était une bonne soirée. Tout le monde regarde mollement la télé, chacun commence à se dire qu'il faudrait aller se coucher, pour bien commencer la semaine après une grosse soirée... La coloc s'étire et sommeille un peu.
Et puis il y a moi. Une soirée de plus, des rencontres, des verres vidés, des rires et quelques désillusions ... L'impression d'avoir déjà vécu cette soirée, d'avoir reçu les mêmes griffures, au même endroit de l'âme, depuis longtemps égratignée. Rien de neuf, rien de grave.
Quelques rires encore, et la coloc s'endormira...
Quelques jeunes individus un peu défraîchis sont vautrés dans mon salon. Ils fument quelques cigarettes l'oeil un peu vitreux, soupirent sur leurs maux de tête, de ventre, sur leur fatigue de lendemain de fête ... et se racontent les commérages de la soirée d'hier. La coloc fait le bilan. Il y a celui qui a chopé, celui qui devait choper avant minuit, celle qui a chopé plus qu'elle ne le voudrait, celui qui a (encore!) chopé une deséquilibrée, celui qui a failli choper après minuit ...
Et puis il y a aussi l'Homme des Petites Phrases, celui qui chope remarquablement souvent malgré ses remarques légendaires. La dernière-née, à ma connaissance, date tout juste d'hier soir, lorsque notre ami en prenant congé d'une jeune fille très bien lui dit "Tu pars déjà? C'est dommage, tu rates une occasion de perdre ta virginité".
Prenez quelques secondes pour vous extasier sur ces quelques mots sortis on ne sait comment de la bouche de mon colocataire. C'est tout à fait savoureux. On se demande vraiment ce que cette demoiselle avait fait pour mériter une telle phrase! Mais c'est là que réside justement la grandeur de cette sentence, car la jeune fille n'a rien fait pour ça. Son seul crime a sans doute été de vouloir partir avant que l'Homme des Petites Phrases ait pu tenter de la "choper". Frustré de ce départ prématuré, aigri de ne pouvoir tester sur elle sa séduction, furieux de voir une proie lui échapper sans même avoir pu la traquer, le prédateur ressent le besoin de salir l'objet de son désir s'il se dérobe. C'est la version adulte du fameux "je ne peux pas avoir ce jouet, alors je le casse (où je lui crache dessus)". Les gens les plus civilisés parviennent à taire cette pulsion, pour certains jusqu'à ne presque plus la ressentir, mais pas l'Homme des Petites Phrases. Et croyez-le ou non, c'est pour ça qu'on l'apprécie.
C'était une bonne soirée. Tout le monde regarde mollement la télé, chacun commence à se dire qu'il faudrait aller se coucher, pour bien commencer la semaine après une grosse soirée... La coloc s'étire et sommeille un peu.
Et puis il y a moi. Une soirée de plus, des rencontres, des verres vidés, des rires et quelques désillusions ... L'impression d'avoir déjà vécu cette soirée, d'avoir reçu les mêmes griffures, au même endroit de l'âme, depuis longtemps égratignée. Rien de neuf, rien de grave.
Quelques rires encore, et la coloc s'endormira...
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