Les p'tites femmes de Pigalle
Une histoire pour s'endormir? Je vais vous faire part ici de quelques réflexions nocturnes sur un sujet qui me tient à coeur (et réveillée accessoirement) : le cocufiage. Vous avez dû remarquer le lien (prémonitoire?) vers le blog de soutien aux cocus, ceci n'est donc pas un sujet nouveau pour moi. J'ajouterais même qu'il est étrangement récurrent, et je pense avoir atteint maintenant une connaissance respectable de la discipline, peut-être même puis-je être considérée comme une spécialiste de la question. Le cocufiage donc. Je suis partie d'un constat que nul ne contredira : tout le monde a connu ou connaîtra au moins un cocu dans sa vie. Le cocu est une espèce très courante dont la reproduction est encore mal comprise. Comment "naissent" les cocus, autrement dit, qui sont les élus, comment les reconnaître à coup sûr alors qu'ils ressemblent tellement aux humains, ces questions fondamentales restent sans réponse définitive. Ils sont parmi nous depuis la nuit des temps, se mêlant à la population, ils travaillent pour la plupart, sont parfaitement intégrés et passent inaperçu grâce à leur sens aigü de la dissimulation. Leurs loisirs, leur nourriture, leurs goûts sont identiques, ce qui les rend quasiment indétectables. Evidemment, la nature de cocu n'est pas très considérée dans nos sociétés, ce qui explique sans doute leur discrétion. Le cocu est donc un individu condamné à dissimuler sa nature. Cependant, il s'est trouvé quelques cocus magnifiques par le passé qui ont déclaré leur état au grand jour, en particulier l'immortel Serge Lama dont la chanson "Les petites femmes de Pigalle" peut aujourd'hui être considérée comme l'hymne de cette communauté. Moi-même je ne l'écoute que la main sur le coeur et la larme à l'oeil, émue de ces paroles qui vous redorent le blason d'un cocu en moins de cinq minutes. Cependant, la production artistique des cocus s'arrête là (merci de m'envoyer vos contributions si toutefois vous connaissez l'oeuvre d'un cocu inconnu). Discrétion toujours, donc. Mais la question fondamentale reste ouverte : naît-on cocu, ou le devient-on? Est-ce un virus, un ensorcèlement, un accident? Comment savoir si l'on est prédisposé? Peut-on éviter de devenir cocu? Et enfin, est-ce incurable? D'après mes observations personnelles faites sur moi-même, je pense être en mesure d'affirmer ici qu'on devient cocu en général au début de l'âge adulte, quoiqu'il arrive à certains individus de développer quelques traits de cocus plus tardivement. Cependant, je n'ai jamais rencontré de cocu depuis l'enfance, fait rassurant si l'on considère les difficultés que comporte cet état. Il semble également qu'une fois le cocufiage installé dans un organisme humain, il prospère et croît très rapidement, jusqu'à devenir indissociable de l'individu initial. Curieusement, les premières manifestations sont visibles non pas chez le cocu, mais chez le compagnon ou la compagne de celui-ci qui voit sa vie sexuelle, voire sentimentale, prendre un essor inédit. Il semble que l'état de cocu confère au conjoint une puissance et une ardeur de vivre incroyablement développées, et j'ai pu montrer qu'il existe au début une relation parfaitement linéaire entre la dépression du cocu et l'allégresse de son partenaire. Avec le temps, cette relation se stabilise atteignant un palier, que l'on considère en général comme le signe que le cocu a atteint sa maturité. Il arrive pourtant que le cocu change de partenaire, même lorsque ce palier a été atteint. Qu'est-ce qui pousse ces cocus rebelles à quitter cette bienheureuse stabilité? Encore une question sans réponse définitive, mais d'après mes observations récentes, il semblerait que la discrétion du partenaire, ainsi que la fréquence et le nombre des relations extra-conjugales aient un lien direct avec ce phénomène. Cependant, bien que le cocu n'en ai pas forcément conscience, la rupture ne lui permettra pas d'échapper à sa nature, et il retrouvera bientôt un autre partenaire, une autre relation linéaire, et un autre palier ...
Ce travail est fini pour cette nuit, mais je ne manquerai pas de vous faire part de mes futures découvertes. A venir, les conduites à risque avec les cocus, les traits de caractère des cocus et surtout, l'art et la manière de choper un cocu, car n'oublions pas que ceux-ci restent sans nul doute le meilleur rapport plaisir/investissement personnel.
Je tenais à remercier tout particulièrement Martin pour sa précieuse contribution à cette étude.
Ce travail est fini pour cette nuit, mais je ne manquerai pas de vous faire part de mes futures découvertes. A venir, les conduites à risque avec les cocus, les traits de caractère des cocus et surtout, l'art et la manière de choper un cocu, car n'oublions pas que ceux-ci restent sans nul doute le meilleur rapport plaisir/investissement personnel.
Je tenais à remercier tout particulièrement Martin pour sa précieuse contribution à cette étude.
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