Retrour des sources
Dix jours d'immersion dans le Cantal avec quelques amis plus ou moins bordelais, je peux vous assurer que ça laisse quelques traces dans les mémoires. Il y aurait beaucoup à raconter sur mes vacances, mais je ne peux pas m'y résoudre! C'est que je suis convaincue que vous êtes comme moi saturés d'entendre parler de siestes ensoleillées, d'apéros interminables sur des terrasses fleuries et de balades dans des endroits idylliques maintenant que vous êtes de retour dans le monde forcément sinistre du travail. Finies les nuits de fêtes aussi, il est grand temps d'être productif maintenant, encore plus, encore mieux qu'avant. L'an prochain si vous êtes bien sages, vous aurez de nouveau droit à votre susucre annuel, quelques grammes de soleil et une ration d'oisiveté.
Le moyen d'être sage pour moi cette année se résume à trois mots : écrire ma thèse.
Si j'écris un recueil de poèmes, un roman épistolaire façon 18ème siècle ou une anthologie des recettes de cuisines les plus drôles, je ne serai PAS sage. Si je consacre quelques mois à apprendre l'histoire d'Europe, le portuguais ou la sculpture, je ne serai PAS sage. Si je décide de faire de ma santé une priorité et que j'arrête de fumer en suivant une thérapie et en faisant du sport, je ne serai PAS sage. Si je souhaite entrouvrir mon esprit étriqué par trois ans de travail dans un laboratoire en allant voir ailleurs si j'y suis, je ne serai PAS sage. Si je veux sauver ma vie privée du désastre en recherchant auprès des autres ou d'un Autre la confiance qui m'a abandonnée, je ne serai PAS sage.
Sage, pas sage. Dommage.
Je viens de jeter un coup d'oeil curieux à mon manuscrit que je n'ai pas touché depuis quinze jours au bas mot, et je me suis aperçu que j'avais enjolivé la réalité, comme souvent. Je n'en suis pas encore à la page 35 comme je le croyais, non non, ça, c'est en comptant la bibliographie et les titres des paragraphes suivants. Vides, les paragraphes, que des titres qui me hérissent le poil.
Page 28. Allez, je suis courageuse, je recommence, aujourd'hui je suis sage et vous embrasse!
Le moyen d'être sage pour moi cette année se résume à trois mots : écrire ma thèse.
Si j'écris un recueil de poèmes, un roman épistolaire façon 18ème siècle ou une anthologie des recettes de cuisines les plus drôles, je ne serai PAS sage. Si je consacre quelques mois à apprendre l'histoire d'Europe, le portuguais ou la sculpture, je ne serai PAS sage. Si je décide de faire de ma santé une priorité et que j'arrête de fumer en suivant une thérapie et en faisant du sport, je ne serai PAS sage. Si je souhaite entrouvrir mon esprit étriqué par trois ans de travail dans un laboratoire en allant voir ailleurs si j'y suis, je ne serai PAS sage. Si je veux sauver ma vie privée du désastre en recherchant auprès des autres ou d'un Autre la confiance qui m'a abandonnée, je ne serai PAS sage.
Sage, pas sage. Dommage.
Je viens de jeter un coup d'oeil curieux à mon manuscrit que je n'ai pas touché depuis quinze jours au bas mot, et je me suis aperçu que j'avais enjolivé la réalité, comme souvent. Je n'en suis pas encore à la page 35 comme je le croyais, non non, ça, c'est en comptant la bibliographie et les titres des paragraphes suivants. Vides, les paragraphes, que des titres qui me hérissent le poil.
Page 28. Allez, je suis courageuse, je recommence, aujourd'hui je suis sage et vous embrasse!
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