FRANCOIS GOULARD SALE MENTEUR
Vous vous demandez sans doute qui est ce François Goulard que j'insulte dans ce titre (et ce n'est pas fini, je vais me faire plaisir)... Figurez-vous qu'au fond du ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche existe un petit ministre sous-fifre de Gilles de Robien, François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche. Vous ne le connaissez pas, et pourtant vous payez son salaire et son train de vie (comme celui de beaucoup d'autres d'ailleurs mais je n'ai pas le temps de me pencher sur tous les cas). Je vais donc vous raconter la petite histoire de François Goulard et des jeunes chercheurs qui me cause une colère ... rare.
Moi, Sulamite, de gauche mais pas méchante, je vous avais fait part de ma joie il y a quelques mois (cf l'article 8% c'est la fête du slip) lorsque j'avais appris que le gouvernement avait décidé d'augmenter le salaire des doctorants de 8% pour le porter à 1168 euros mensuels. Sachant qu'à cela ne s'ajoute aucune prime, et que les doctorants sont tenus de payer leurs frais d'inscription à l'université ... que nous sommes tous titulaires d'un master ... que nous avons souvent dû déménager assez loin de chez nous pour pouvoir faire notre thèse ... que dans les sciences dures on est un personnel bien pratique car corvéable à merci et bien moins cher qu'un technicien etc. etc. etc. 1168 euros par mois, il n'y a quand même pas de quoi fouetter un chat, mais passons. Le gouvernement annonçait aussi des créations pléthoriques de postes, de l'argent à foison, nous caressait dans le meilleur sens du poil, et je ronronnais, je ronronnais.
Ensuite est venue la loi sur la Recherche (je n'en parle même pas, j'ai une thèse à écrire, et comme je suis au chômage à 800 euros par mois pour la finir, mon temps est précieux). Au cours des débats à l'Assemblée nationale et au Sénat, le problème de l'attractivité de la recherche auprès des jeunes s'est bien évidemment posé.
Et oui, le Problème, c'est qu'à force de sous-payer les doctorants, de promener ensuite les docteurs de CDD en CDD, de pays en pays jusqu'à 35 ans voire plus, de les utiliser à bas prix pour finalement les jeter hors de la recherche, et bien plus personne ne veut être chercheur. Le Problème est particulièrement inquiétant en Sciences Physiques, où les filières ferment faute de combattants (pardon, d'étudiants), lesquels ont bien compris qu'aujourd'hui un formatage rapide à l'école d'ingénieur du coin est bien plus payant que le casse-pipe universitaire. Pourquoi? Un universitaire, ça sent l'université, c'est incroyable on ne peut pas se débarrasser d'un certain relent de liberté et d'indépendance. C'est presque anormal de réussir à l'université quand les autres sont dirigés depuis le CP. Et puis c'est bien connu, l'université accueille plutôt les fils d'ouvriers alors que les élites mettent leur précieuse progéniture dans les écoles, aussi mauvaises soient-elles, quitte à payer très cher. Allons soyons francs, disons-le : les recruteurs d'entreprise froncent le nez face aux docteurs.
Nos élus, toutes tendances confondues, se sont émus de la déchéance annoncée de la recherche si l'hémorragie continue, et ont demandé au gouvernement de prendre des mesures fortes pour revaloriser la thèse et les jeunes chercheurs dans notre pays. Le Sénat (!!!!) qui n'est pourtant pas considéré comme un agitateur, a même fait voter l'indexation des allocations de recherche sur le SMIC contre l'avis du gouvernement. Les députés, lors de la séance du 2 Mars 2006 (voir le compte-rendu officiel vers le bas de la page) ont demandé au ministre François Goulard de s'engager à porter le montant des allocations de recherche à 1,5 SMIC en Janvier 2005. Après des tergiversations et quelques grossières tentatives d'esquive, notre bon ministre a fini par promettre ... Je le cite " le 1er janvier prochain les allocations de recherche seront portées à un niveau légèrement supérieur à une fois et demie le SMIC".
Vous dire la joie qui m'avait transportée à l'époque! Je n'en bénéficierais pas, bien sûr (mon contrat se termine en Octobre 2006) mais les suivants eux, profiteraient de cette avancée majeure. Je pensais être l'une des dernières à avoir amèrement regretté d'avoir fait confiance à ceux qui me disaient de faire des études pour m'en sortir et avoir une vie meilleure que celle de mes parents. Je l'ai annoncé aux jeunes stagiaires de mon labo, triomphante, heureuse d'être porteuse de cette nouvelle qui allait sans aucun doute les convaincre de faire une thèse s'ils hésitaient.
Mais c'était compter sur la parole de M. François Goulard, qui ne vaut rien. Ce misérable déchet recyclé de ministère n'a pas tenu ses engagements. Le projet de loi de finances (présenté ici ) prévoit une augmentation de 8% en janvier 2007, soit plus de 300 euros de moins que promis. Voici un autre lien où l'essentiel de ce que je viens d'écrire est synthétisé.
Je voulais comme toujours rester dans la retenue et ne pas déborder d'insultes, mais après réflexion, je ne pourrais jamais être plus grossière ou vulgaire que ce minable cravaté, que la peste l'étouffe, que le cul lui pèle. Pour ceux que ça intéresse, voici sa biographie sur le site du Point. On peut noter que ce monsieur a tout fait dans l'ordre, qu'il est énarque et qu'il a "les caractéristiques un peu convenues de l'honnête homme". C'est à tomber par terre et se couper un oeil de lire des inepties pareilles. Sa biographie sur Wikipedia m'a appris qu'il a voulu faire interdire un concert des Wampas à cause de leur chanson "Chirac en prison" qui l'embêtait. Comme ça n'a pas été possible, il a quand même fait retirer les affiches, et supprimer les subventions, une bonne vieille censure à la papa. Sa vie est vraiment décevante finalement, une vie d'homme politique sans envergure. Son mensonge à l'assemblée n'a même pas été prémédité, j'en suis convaincue. Il a promis, puis dans le meilleur des cas il a essayé de négocier avec ses petits copains du gouvernement, mais faute de talent il a misérablement échoué, et comme il est lâche et n'a pas d'honneur, il reste en place, confortablement installé dans son coin de ministère. Il a sans doute la conscience tranquille et le sentiment du devoir accompli : on lui a demandé de faire une loi sur la recherche, il l'a fait, sans se poser de questions. Il a fait ce qu'il fallait pour que les chercheurs ne soient pas entendus, ou se taisent. Pendant ce temps, ses enfants se préparent à aller à l'ENA, et ne connaissent pas les Wampas.
Mais finalement, à relire ce que j'ai écrit j'ai presque pitié de M. Goulard, qui n'est qu'un moussaillon du gouvernement. Finalement, il reste un Golum qui ne veut pas lâcher son Précieux, sa place au ministère. Un gouvernement entier de Golums, et Sarkozy qui se met en quatre pour flatter le français dans son côté masochiste, pour lui rappeler l' époque bénie où tout était simple : papa lui mettait une fessée quand il n'agissait pas bien.
Pathétique.
J'espère qu'il reste des gens qui n'ont pas besoin de fessée, parce-que si les français choisissent Sarkozy, je peux vous dire que la recherche est très mal barrée. Et pas que la recherche d'ailleurs mais c'est une autre histoire. Un dernier lien pour la route, celui du site de Sauvons la Recherche , vous verrez à quel point on s'est fait berner par ce gouvernement.
Pour finir, je dirais que ma naïveté par rapport aux promesses de ce gouvernement, j'en rirais presque si elle ne concernait que les chercheurs et leurs conditions de vie. C'est quand je pense aux conséquences de la loi d'orientation de la recherche sur l'avenir de la France que j'ai envie de pleurer. Autant aller tout de suite aux Etats-Unis bosser chez Monsanto, même chez eux c'est plus prometteur.
Moi, Sulamite, de gauche mais pas méchante, je vous avais fait part de ma joie il y a quelques mois (cf l'article 8% c'est la fête du slip) lorsque j'avais appris que le gouvernement avait décidé d'augmenter le salaire des doctorants de 8% pour le porter à 1168 euros mensuels. Sachant qu'à cela ne s'ajoute aucune prime, et que les doctorants sont tenus de payer leurs frais d'inscription à l'université ... que nous sommes tous titulaires d'un master ... que nous avons souvent dû déménager assez loin de chez nous pour pouvoir faire notre thèse ... que dans les sciences dures on est un personnel bien pratique car corvéable à merci et bien moins cher qu'un technicien etc. etc. etc. 1168 euros par mois, il n'y a quand même pas de quoi fouetter un chat, mais passons. Le gouvernement annonçait aussi des créations pléthoriques de postes, de l'argent à foison, nous caressait dans le meilleur sens du poil, et je ronronnais, je ronronnais.
Ensuite est venue la loi sur la Recherche (je n'en parle même pas, j'ai une thèse à écrire, et comme je suis au chômage à 800 euros par mois pour la finir, mon temps est précieux). Au cours des débats à l'Assemblée nationale et au Sénat, le problème de l'attractivité de la recherche auprès des jeunes s'est bien évidemment posé.
Et oui, le Problème, c'est qu'à force de sous-payer les doctorants, de promener ensuite les docteurs de CDD en CDD, de pays en pays jusqu'à 35 ans voire plus, de les utiliser à bas prix pour finalement les jeter hors de la recherche, et bien plus personne ne veut être chercheur. Le Problème est particulièrement inquiétant en Sciences Physiques, où les filières ferment faute de combattants (pardon, d'étudiants), lesquels ont bien compris qu'aujourd'hui un formatage rapide à l'école d'ingénieur du coin est bien plus payant que le casse-pipe universitaire. Pourquoi? Un universitaire, ça sent l'université, c'est incroyable on ne peut pas se débarrasser d'un certain relent de liberté et d'indépendance. C'est presque anormal de réussir à l'université quand les autres sont dirigés depuis le CP. Et puis c'est bien connu, l'université accueille plutôt les fils d'ouvriers alors que les élites mettent leur précieuse progéniture dans les écoles, aussi mauvaises soient-elles, quitte à payer très cher. Allons soyons francs, disons-le : les recruteurs d'entreprise froncent le nez face aux docteurs.
Nos élus, toutes tendances confondues, se sont émus de la déchéance annoncée de la recherche si l'hémorragie continue, et ont demandé au gouvernement de prendre des mesures fortes pour revaloriser la thèse et les jeunes chercheurs dans notre pays. Le Sénat (!!!!) qui n'est pourtant pas considéré comme un agitateur, a même fait voter l'indexation des allocations de recherche sur le SMIC contre l'avis du gouvernement. Les députés, lors de la séance du 2 Mars 2006 (voir le compte-rendu officiel vers le bas de la page) ont demandé au ministre François Goulard de s'engager à porter le montant des allocations de recherche à 1,5 SMIC en Janvier 2005. Après des tergiversations et quelques grossières tentatives d'esquive, notre bon ministre a fini par promettre ... Je le cite " le 1er janvier prochain les allocations de recherche seront portées à un niveau légèrement supérieur à une fois et demie le SMIC".
Vous dire la joie qui m'avait transportée à l'époque! Je n'en bénéficierais pas, bien sûr (mon contrat se termine en Octobre 2006) mais les suivants eux, profiteraient de cette avancée majeure. Je pensais être l'une des dernières à avoir amèrement regretté d'avoir fait confiance à ceux qui me disaient de faire des études pour m'en sortir et avoir une vie meilleure que celle de mes parents. Je l'ai annoncé aux jeunes stagiaires de mon labo, triomphante, heureuse d'être porteuse de cette nouvelle qui allait sans aucun doute les convaincre de faire une thèse s'ils hésitaient.
Mais c'était compter sur la parole de M. François Goulard, qui ne vaut rien. Ce misérable déchet recyclé de ministère n'a pas tenu ses engagements. Le projet de loi de finances (présenté ici ) prévoit une augmentation de 8% en janvier 2007, soit plus de 300 euros de moins que promis. Voici un autre lien où l'essentiel de ce que je viens d'écrire est synthétisé.
Je voulais comme toujours rester dans la retenue et ne pas déborder d'insultes, mais après réflexion, je ne pourrais jamais être plus grossière ou vulgaire que ce minable cravaté, que la peste l'étouffe, que le cul lui pèle. Pour ceux que ça intéresse, voici sa biographie sur le site du Point. On peut noter que ce monsieur a tout fait dans l'ordre, qu'il est énarque et qu'il a "les caractéristiques un peu convenues de l'honnête homme". C'est à tomber par terre et se couper un oeil de lire des inepties pareilles. Sa biographie sur Wikipedia m'a appris qu'il a voulu faire interdire un concert des Wampas à cause de leur chanson "Chirac en prison" qui l'embêtait. Comme ça n'a pas été possible, il a quand même fait retirer les affiches, et supprimer les subventions, une bonne vieille censure à la papa. Sa vie est vraiment décevante finalement, une vie d'homme politique sans envergure. Son mensonge à l'assemblée n'a même pas été prémédité, j'en suis convaincue. Il a promis, puis dans le meilleur des cas il a essayé de négocier avec ses petits copains du gouvernement, mais faute de talent il a misérablement échoué, et comme il est lâche et n'a pas d'honneur, il reste en place, confortablement installé dans son coin de ministère. Il a sans doute la conscience tranquille et le sentiment du devoir accompli : on lui a demandé de faire une loi sur la recherche, il l'a fait, sans se poser de questions. Il a fait ce qu'il fallait pour que les chercheurs ne soient pas entendus, ou se taisent. Pendant ce temps, ses enfants se préparent à aller à l'ENA, et ne connaissent pas les Wampas.
Mais finalement, à relire ce que j'ai écrit j'ai presque pitié de M. Goulard, qui n'est qu'un moussaillon du gouvernement. Finalement, il reste un Golum qui ne veut pas lâcher son Précieux, sa place au ministère. Un gouvernement entier de Golums, et Sarkozy qui se met en quatre pour flatter le français dans son côté masochiste, pour lui rappeler l' époque bénie où tout était simple : papa lui mettait une fessée quand il n'agissait pas bien.
Pathétique.
J'espère qu'il reste des gens qui n'ont pas besoin de fessée, parce-que si les français choisissent Sarkozy, je peux vous dire que la recherche est très mal barrée. Et pas que la recherche d'ailleurs mais c'est une autre histoire. Un dernier lien pour la route, celui du site de Sauvons la Recherche , vous verrez à quel point on s'est fait berner par ce gouvernement.
Pour finir, je dirais que ma naïveté par rapport aux promesses de ce gouvernement, j'en rirais presque si elle ne concernait que les chercheurs et leurs conditions de vie. C'est quand je pense aux conséquences de la loi d'orientation de la recherche sur l'avenir de la France que j'ai envie de pleurer. Autant aller tout de suite aux Etats-Unis bosser chez Monsanto, même chez eux c'est plus prometteur.
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